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Extrait du corrigé : La sortie progressive du solipsisme Si nous nous tournons vers la Phénoménologie Husserlienne, alors nous dirons que c’est bien à partir de nous-mêmes que nous connaissons autrui, en suivant un processus en trois grandes étapes. Je puis m’assurer de l’existence réelle d’autrui par une opération d’analogie : de même que je perçois mon corps propre dans le monde, avec la certitude subjective de son existence, je puis considérer le corps d’autrui comme le corps d’un alter-ego, comme le corps d’un être qui existe vraiment, comme moi-même j’existe. Deuxième étape : je puis constater la concordance des profils d’autrui et de moi-même. C'est-à-dire que mes gestes et mes expressions concordent avec ceux d’autrui, indiquant par la même que celui-ci est un autre existant au même titre que moi (s’il a l’air joyeux de la même manière que moi, il a des chances d’exister aussi bien que moi). Dernière étape : je puis me figurer ce que je percevrais si j’étais à la place de l’alter ego que je vois devant moi. Cette capacité d’imagination me permet de considérer l’autre comme un autre moi-même, comme un existant au même titre que moi, qui saisit la réalité comme moi, quoique du sein de son propre corps. Par conséquent, la sortie de la solitude métaphysique se fait par l’intermédiaire du corps : par le corps, nous connaissons autrui, et nous arrivons à la certitude la plus élémentaire à son propos, qui est la certitude de son existence. II. Autrui demeure irrémédiablement inconnaissable a. L’altérité fondamentale creusée par la différence culturelle Cependant, la thèse que nous venons de soutenir ne laisse pas de poser quelques problèmes : en effet, comment connaitrons nous autrui à partir de nous-mêmes, lorsque la différence culturelle est complète ?
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Connaître consiste à produire un discours sur un objet, discours qui a deux caractéristiques principales : d’une part, l’acte de connaître est le moyen de donner une définition de l’objet que l’on s’attache à étudier. De l’autre, connaître est le moyen d’avoir une action sur l’objet de connaissance, le moyen de le maîtriser.
Le mot « autrui » désigne avec un haut degré de généralité l’ensemble des êtres humains qui ne sont pas nous. Il implique implicitement une relation d’équivalence entre « autrui » et celui qui se rapporte à ce dernier : « autrui » vient du latin « alter » qui signifie « l’autre dans une série de deux ».
Connaître autrui à partir de nous-mêmes signifie que nous employons la connaissance subjective et intime que nous avons de nous-mêmes (le sentiment de nos émotions, la connaissance des objets et des désirs qui motivent nos actions) pour interpréter l’être et l’action d’autrui. Autrui, qui nous est par définition étranger, qui est fondamentalement distinct de nous, ne devient connaissable qu’au moyen de l’établissement d’une correspondance postulée entre ce qu’il est et ce que nous sommes.
Nous nous demanderons donc si autrui est connaissable à partir d’une généralisation de ce que nous sommes, ou si au contraire, autrui ne demeure pas irrémédiablement inconnaissable ?
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