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Extrait du corrigé : Précurseur de Nietzsche et de Goldstein, sur ce point, Spinoza nous dit que « l'homme libre recherche spontanément ce qui lui est utile, c'est-à-dire n'agit pas par crainte de la mort mais désire directement ce qui est bon ». Agir par peur du mal, par peur de la mort, agir « pour ne pas » est une perversion de la belle spontanéité ingénue, perversion due aux dérèglements de l'imagination. La joie est le sentiment de notre puissance augmentée, la tristesse est tout au contraire l'écho de la diminution de nos pouvoirs. Chaque être, spontanément. s'efforce de chasser la tristesse et de conquérir toujours plus de joie. Et « aucune chose n'a rien en elle par quoi elle puisse être détruite et l'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être n'enveloppe aucun temps fini, mais un temps indéfini ». Il est vrai, mais chaque chose prise dans la « concatenato omnium rerum » peut à tout moment être détruite par l'ensemble des autres choses. L'homme, simple mode fini de la substance infinie, « subit la poussée des causes extérieures comme les eaux de la mer sont soulevées par les vents contraires ». L'affection qui exprime le rapport le plus fréquent entre les forces extérieures et celles de notre corps — dont notre âme n'est que l'idée — est inévitablement la tristesse. Comment dès lors échapper à l'imagination du mal et de la mort ? L'optimisme n'est possible que parce que Spinoza renonce à se placer au point de vue de notre individualité particulière. Le moi égoïste et singulier, simple détermination de la substance, n'est qu'une négation. Ce moi singulier est à tout moment menacé par la mort qui est la négation de cette négation. En fait, il ne faut pas vivre au point de vue du moi, mais vivre au point de vue de Dieu, c'est-à-dire au point de vue de la Nature totale, au point de vue de l'Être. A l'Être, qui est la totalité, qui n'a rien d'extérieur à lui, rien ne peut arriver. Il est indestructible et plein. Si par la pensée je m'identifie à cette totalité, si je me fonds en elle par l'amour intellectuel je deviens comme elle indestructible et « j'éprouve que je suis éternel ». C'est à ce prix que le système de Spinoza ne connaîtra que l'Être et ignorera le mal et la mort. Mais pour accueillir cette pensée sereine n'ai-je pas dû préalablement renoncer à ce moi si fragile mais qui me définissait en propre ?
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Le corrigé du sujet "Mourir, est-ce essentiel à l'homme ?" a obtenu la note de : 









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