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Sujet : Est-il dans la nature de l'état de limiter son pouvoir ?

Définitions des termes :
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.
  • limiter : Action de circonscrire, de restreindre. Ce terme s’oppose au concept de liberté, dont le principe incarnant l’indépendance est a priori de ne pas être contraint par une volonté extérieure.
  • pouvoir : Du latin populaire potere, réfection du latin classique posse, «être capable de ». 1° Verbe : avoir la possibilité, la faculté de. 2° Avoir le droit, l'autorisation de. 3° Nom : puissance, aptitude à agir. 4° En politique, ressource qui permet à quelqu'un d'imposer sa volonté à un autre, autorité. 5° Employé seul (le pouvoir), les institutions exerçant l'autorité politique, le gouvernement de l'État.

Extrait du corrigé : b)                 Le principe de division des pouvoirs est de tradition anglo-saxonne, d'où l'expression « check and balance » qui sert à désigner un mécanisme par lequel les pouvoirs vont s'annuler. Les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires se contrôlent les uns les autres, l'équilibre étant très difficile à assurer. C'est souvent un pouvoir qui domine les autres, en France, la Vème République donne un grand pouvoir au pouvoir exécutif, la IVème en accordait davantage à l'Assemblée nationale (pouvoir législatif). c)                  Une telle vision des choses est en réalité un critique adressée à la recherche du bon gouvernant. La vertu du Prince, le souhait d'un roi philosophe susceptible de contrôler ses passions et de gouverner sagement est empiriquement un échec. d)                 L'Etat prend donc corps par la Constitution, mais toutes les institutions de contrôle demeurent étatiques si l'on en reste là. L'Etat doit être limité par des droits. a)                  Les libéraux du début du XIXème vont aller plus loin, en s'inspirant de la Révolution Française tout en la craignant. Après la révolution, c'est-à-dire après la chute de Robespierre marquée par la date du 9 thermidor, l'heure est à la critique. Les excès de la Terreur et le retour d'un pouvoir étatique trop grand poussent les libéraux à reprendre à leur compte le besoin de droits fondamentaux.

Est-il dans la nature de l'état de limiter son pouvoir ?

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Définitions

  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.
  • limiter : Action de circonscrire, de restreindre. Ce terme s’oppose au concept de liberté, dont le principe incarnant l’indépendance est a priori de ne pas être contraint par une volonté extérieure.
  • pouvoir : Du latin populaire potere, réfection du latin classique posse, «être capable de ». 1° Verbe : avoir la possibilité, la faculté de. 2° Avoir le droit, l'autorisation de. 3° Nom : puissance, aptitude à agir. 4° En politique, ressource qui permet à quelqu'un d'imposer sa volonté à un autre, autorité. 5° Employé seul (le pouvoir), les institutions exerçant l'autorité politique, le gouvernement de l'État.

Problématique

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Analyse du sujet :

Pour traiter ce sujet, il convient dans un premier temps de bien comprendre ce que désigne ici l'Etat. Il faut, en effet, distinguer l'état comme l'ensemble d'un corps politique organisé et l'Etat comme corps particulier au sein de l'état qui a une fonction gouvernementale. Ce second sens de l'Etat commence avec la bureaucratie et la concentration des pouvoirs en un seul point. En tant qu'institution particulière il a pris son sens définitif au XIXème en confrontation avec la société dans son ensemble.

C'est ce sens de l'Etat, comme corps extérieur à la société, dont-il est question dans ce sujet.

L'Etat concentre en lui plusieurs pouvoirs, le pouvoir de faire la loi, de veiller à son application et d'administrer l'état par des décrets. Selon le sociologue Max Weber l'Etat est une entité qui possède le « monopole de la violence légitime ». L'Etat va s'octroyer ce monopole par la reconnaissance de sa légitimité. Une telle reconnaissance est primordiale.

Or, cette légitimité du  pouvoir que possède l'Etat et notamment ceux qui se trouvent à la type de l'Etat dépend de la relation entre les hommes de pouvoir, les gouvernants, et les gouvernes. La limite du pouvoir des dirigeants est nécessaire pour se préserver  d'un tyran.

Mais le pouvoir de l'Etat suggère que l'Etat a un pouvoir qui n'appartient pas à tel ou tel, mais qui est un pouvoir du corps périlleux pour la société.

Puisque l'Etat dans sa constitution est censé limiter le pouvoir des individus, qu'est-ce qui garantit les limites du pouvoir de l'Etat ?

Problématisation :

            Un État qui prétend exercer une tutelle absolue sur les individus est un État totalitaire. L'État démocratique prétend au contraire garantir la liberté et donc limiter ses prétentions. Les États modernes prévoient des mécanismes de limitation et de contrôle, pour assurer les droits des citoyens.
L'Etat désigne avant tout un corps, voire une structure où le pouvoir est limité. Mais le sujet suggère que l'Etat aurait une nature irréductible à sa structure particulière, en tant que corps il aurait une volonté d'étendre son pouvoir. Doit-il incomber à l'Etat de s'assurer de ses propres limites ? Les limites devant être légalisées pour être efficaces ne sont-elles pas toujours étatisées ? La démocratie parvient-elle à réaliser cette limitation ? Faut-il une autre forme de résistance ?



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