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Définitions des termes :
- homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
- renoncer : Abandonner un droit, une idée, se défaire, se dessaisir, se démettre.
- vivre : Exister, être au monde.
- société : association d'individus qui constitue le milieu où chacun s'intègre. Toute espèce vivante est plus ou moins sociale ; mais tandis que les sociétés animales sont naturelles et gouvernées par l'instinct, les sociétés humaines, organisées selon des institutions mobiles, véhiculent une culture.
Extrait du corrigé : HOMME: Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage. Société : association d'individus qui constitue le milieu où chacun s'intègre. Toute espèce vivante est plus ou moins sociale ; mais tandis que les sociétés animales sont naturelles et gouvernées par l'instinct, les sociétés humaines, organisées selon des institutions mobiles, véhiculent une culture. RENONCER: abandonner un droit, une idée, se défaire, se dessaisir, se démettre.
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Le corrigé du sujet "A quoi l'homme doit-il renoncer pour vivre en société ?" a obtenu la note de : aucune note
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La vie en société désigne une intégration de chaque individu dans le milieu humain qui le structure et lui donne sens. Qu'est-ce qu'une existence en société ? Elle désigne une vie, au milieu d'un ensemble d'individus entre lesquels existent des rapports organisés et des échanges de services. Cette communauté représente un milieu créateur de notre existence, qu'elle produit littéralement.
Mais pour vivre en société, ne nous faut-il pas renoncer à une partie de nous-mêmes, nous défaire de certains instincts, de certaines tendances ? C'est ce que nous montre le texte de Kant soumis à notre réflexion. C'est bien, d'ailleurs, ce que chacun de nous-mêmes soupçonne et appréhende. La société ne se donne-t-elle pas comme un ensemble brisant les penchants naturels pour accomplir l'oeuvre de justice ? En d'autres termes, le problème est le suivant : la société ne doit-elle pas briser un aspect de la nature et du donné naturel pour édifier un homme de raison et de liberté ? Renoncer à une part de la nature pour vivre au sein de la communauté ? Telle est la problématique.
Pour vivre en société, l'homme doit, d'abord, renoncer à une partie de son animalité, comme nous le montre Kant. Car il y a en nous un côté animal, une dimension sensible, qui résiste à la raison. Nous sommes aussi des animaux, et pas seulement des êtres rationnels et raisonnables. Nous appartenons au règne de la nature. Nous existons comme animaux recherchant leur intérêt propre, particulier. Pour vivre en société, l'homme doit renoncer à une partie de ces besoins et désirs animaux, qui ne peuvent qu'entrer en conflit avec les désirs et besoins animaux des autres hommes. D'où la lutte, d'où la guerre. Or, il n'est pas de société dans l'antagonisme absolu.
Dès lors, l'homme va renoncer, non seulement à son animalité, mais, comme nous l'indique Kant, à l'abus de sa liberté à l'égard de ses semblables. L'abus, c'est l'excès, l'usage mauvais et excessif. Or, nous ne pouvons faire un usage excessif de notre faculté de choix à l'égard de nos semblables. Ma liberté est limitée par celle de l'autre : tel est bien le sens de la loi, qui m'interdit de me faire centre des choses et m'ordonne de me décentrer par rapport à autrui. À quoi renoncerai-je pour vivre en société ? À mon droit d'abuser de ma liberté : il faut respecter les droits d'autrui. Tel est l'impératif de la justice.
Ce qui signifie que je renoncerai à mon penchant à l'égoïsme, à l'attachement excessif à moi-même, qui fait que je recherche exclusivement mon plaisir et mon intérêt personnel. Ce développement exclusif de l'égoïsme, il me faut y renoncer. Je n'ai pas à faire régner ce qui est uniquement avantageux à mon moi. Par exemple, la musique que j'écoute doit prendre en compte le silence de la communauté, cette exigence du bien-vivre dans la paix de l'esprit. Décidément, vivre en société nous fait renoncer à de multiples tendances égoïstes. Mon transistor ne saurait perturber la vie en société, l'ensemble des individus entre lesquels existent des rapports réglés et des échanges de services.
Ce qui signifie, ultime point, que pour vivre en société, l'homme doit renoncer à se réserver un régime d'exception pour lui-même. Il n'est pas le centre des choses. Il ne peut faire exception aux lois, l'individu ne sera pas cet être exceptionnel au-dessus des lois. Il nous faut renoncer à nous situer en dehors des lois de droit et de justice.
En résumé, l'homme doit renoncer à être un exemplaire d'une espèce animale, renoncer à se comporter comme un animal soumis à ses instincts. Pour vivre en société, il faut répudier en soi une certaine nature instinctuelle pour accomplir l'humanité comme raison et comme liberté. Beau programme, bien difficile à réaliser ! Qu'est-ce que l'homme ? Pour vivre en société, il doit se faire liberté et universalité, il doit maîtriser ses penchants, fût-ce sous une contrainte sociale et juridique. Il doit s'élever au-dessus de la grossièreté de l'homme naturel, accéder à l'univers de la loi, de la politesse, de la morale. Que de choses à répudier !
La société ne doit-elle pas briser un aspect de la nature humaine ? À coup sûr ! C'est la seule façon d'accéder à la communauté humaine.
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