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Définitions des termes :
- condition : Ensemble de faits dont dépend quelque chose ; données, circonstances. 1. Dans la proposition « si A alors B », A est condition de B ; se dit aussi du premier terme d'une relation causale réelle (les conditions d'un phénomène). 2. Condition nécessaire et suffisante : A est condition nécessaire et suffisante de B, si quand A on a toujours B et sans A jamais B. 3. Manière d'être, situation (la condition humaine), situation sociale. 4. Conditionné : a) Qui dépend d'une condition. b) Qui a subi un conditionnement. 5. Conditionnement : processus par lequel un comportement en vient à être déterminé par des conditions données ; modification d'un comportement par établissement de réflexes conditionnés (cf. réflexe). 6. Conditionnel : qui dépend d'une condition ; pour QUINE, nom de l'implication matérielle.
- évidence : Du latin evidentia, clarté, visibilité. Sens ordinaire: ce qui va de soi. Sens philosophique: vérité qui s'impose à l'esprit sans qu'il soit nécessaire de la démontrer.
- préjugé : Littéralement, qui est "jugé avant". Se dit des croyances, des opinions préconçues qui empêchent d'avoir une vision rationnelle et objective des choses. Le préjugé à proprement parler est un jugement d'avant le jugement vrai. S'intéresser au pré-jugé, c'est donc par conséquent s'intéresser à la notion de jugement dès lors que le préjugé est une forme de jugement. Le jugement en tant que faculté de juger est d'abord une puissange qui permet de distinguer le vrai et le faux qui s'exerce bien ou mal selon l'usage qu'on en fait. Un préjugé c'est donc une idée reçue, une opinion qu'on croit fondée, réfléchie mais qui ne l'est pas. Le préjugé sous-tend souvent une coloration négative. Ainsi l'on dira, « il est bourré de préjugés. » Cependant, il semble nécessaire pour vivre de s'appuyer au moins un temps sur les préjugés. Pensons ainsi à l'enfant qui ne peut faire l'économie de préjugés dès lors que la faculté de juger est en cours de formation. On jugerait ainsi nécessairement à partir de préjugés. La question de la lutte des préjugés apparaît comme nécessaire dès lors qu'elle serait constitutive du jugement.
Extrait du corrigé : Pour Descartes, connaître c'est voir (évidence vient du latin videre, voir) ; l'esprit, en présence de l'objet, est passif en dernière analyse, et comme illuminé par lui. La vision ou intuition intellectuelle, toutefois, n'a ce caractère d'évidence qu'à la condition que l'esprit soit attentif à l'objet, qu'il soit vraiment en présence immédiate de lui. Là se trouve la difficulté ; si elle est surmontée, l'esprit ne peut pas ne pas reconnaître ce qui est vrai. * Noter que la règle est négative : « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que...». Il s'agit précisément de rejeter les évidences superficielles. D'où le doute, à travers lequel Descartes découvre l'évidence philosophique. On peut douter, si on le juge nécessaire (doute philosophique, non doute ordinaire) : - des évidences sensibles (informations qui viennent des sens, du corps, et que, d'ordinaire, nous tenons raisonnablement pour vraies immédiatement). Leur caractère évident ne résiste cependant pas à un doute qui cherche une évidence absolue : rien ne m'assure que je ne rêve pas... - des évidences rationnelles elles-mêmes, telles que les vérités mathématiques, si on imagine, comme on le peut, un «malin génie, non moins rusé et trompeur que puissant » qui emploie « toute son industrie à [nous] tromper » (Méditations, I).
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