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Définitions des termes :
- conviction : Du latin "convictus", convaincu. Dans "convaincu", il y a à la fois "vaincu avec" et "vaincu contre". La conviction est donc une opinion affirmée contre d'autres, de manière polémique.
- raison : Du latin ratio, « calcul », « faculté de calculer, de raisonner » (en grec logos). * Au sens subjectif : mode de penser propre à l'homme (lui-même défini comme « animal raisonnable »). * Par opposition à l'intuition : faculté de raisonner, c'est-à-dire de combiner des concepts et des jugements, de déduire des conséquences. * Par opposition à la passion ou à la folie : pouvoir de bien juger, de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. * Par opposition à la foi : la « lumière naturelle », naturellement présente en tout homme. * Par opposition à l'expérience : faculté de fournir des principes a priori (c'est-à-dire indépendants de l'expérience)* Au sens objectif : principe d'explication, cause (exemple : les raisons d'un phénomène). * Argument destiné à légitimer un jugement ou une décision (exemple : donner ses raisons).
- fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
- obstacle : Ce qui empêche ou retarde une action, une progression ; difficulté, empêchement.
- dialogue : Chez Platon, forme de recherche philosophique de la vérité. Dans la pensée contemporaine, communication des consciences. En politique, effort de conciliation par la discussion. Dans tous les cas, respect de l'autre.
Extrait du corrigé : ., la force.Dans ces "pseudo-dialogues" ce qui importe, c'est de ne pas "perdre la face". La qualité des arguments compte peu, ce qui compte c'est la victoire, cad le silence de l'interlocuteur.On opposera ici rhétorique et sophistique:■ La rhétorique est la maîtrise du discours persuasif, qui ne se soucie guère de connaître ce dont elle parle. Elle rend l'orateur plus convaincant sur un sujet que celui qui connaît à fond ce sujet, et ferait presque prendre l'âne pour un cheval. En ce sens, la rhétorique se confond avec la sophistique. Le sophiste prétend à un savoir universel ; expert en l'art de rendre habile à parler sur tout, il ne rend pas véritablement savant sur tout, mais en donne l'apparence.■ La sophistique, comme la rhétorique, est une flatterie, imitation néfaste d'arts utiles fondés sur un véritable savoir : législation, justice. La sophistique, comme la rhétorique, veut, sans souci de justice, montrer parla parole et par l'action le plus d'efficacité dans les affaires de l'État. Tel est le paradoxe dont la dernière partie du devoir doit tenter de nous faire sortir: La conviction d'avoir raison sape tout dialogue du fait de l'intolérance et/ou de l'aveuglement qui ne permet pas de prendre en ligne de compte le point de vue d'autrui.
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Le corrigé du sujet "La conviction d'avoir raison fait-elle obstacle au dialogue ?" a obtenu la note de : aucune note
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«Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. » Voici ce que Socrate, le maître de l’entretien dialectique, répondait a tous ceux qui lui manifestaient leur admiration pour son immense savoir et sa capacité de réflexion. Ainsi, le dialogue, du moins au sens grec et socratique du terme, ne serait possible que si les interlocuteurs acceptent de se vider de tout préjugé et certitude, de toute conviction de leur savoir. On en vient à l’interrogation [suivante] la conviction d’avoir raison fait-elle obstacle au dialogue ? Il semblerait que oui, puisqu’être convaincu entraîne la fermeture aux alternatives extérieures. Cependant, le dialogue est-il possible si l’on n’a absolument rien de sûr, aucune base de départ? Tout dépend en fait du sens que l’on donne au mot conviction [excellente précision] on peut le restreindre à une certitude universelle, qui est alors nécessaire en tant que point d’accord d’où part l’échange et qui permet la communication. Mais si la conviction d’avoir raison est prise comme une certitude absolue de détenir la vérité, elle est génératrice de conflits et empêche généralement le dialogue. Un dialogue ne peut se faire qu’entre deux êtres humains ouverts, et surtout qui se reconnaissent l’un et l’autre en tant que tels. Mais ne pourrait-on pas oser se demander à quoi cela sert que des hommes qui déjà sont conscients de leurs limites et confèrent aux autres leur dignité et leur liberté ne restent à parler qu’entre-eux ? Faudrait-il mettre le dialogue au service de la lutte contre la « conviction»? Demandons-nous, pour commencer, qu’est-ce que la «conviction d’avoir raison»? Est-ce, par exemple, la conviction d’avoir raison d’affirmer que deux et deux font quatre quand l’autre prétend que cela fait cinq ?
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