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Sujet : Le temps est-il notre ennemi ou notre allié ?

Définitions des termes :
  • temps : Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).
  • ennemi : Adversaire qui cherche à nuire.

Extrait du corrigé : « Le temps est ce qui se fait, et même ce qui fait que tout se fait. » Bergson, La Pensée et le Mouvant, 1934. « Les dimensions du temps sont 1° le passé, la présence comme supprimée, comme n'étant pas là; 2° l'avenir, la non-présence, mais déterminée à être là; 3° le présent, en tant qu'immédiat devenir et union des deux autres. » Hegel, Propédeutique philosophique, 1840 (posth.) « Comment donc ces deux temps, le passé et l'avenir, sont-ils, puisque le passé n'est plus et que l'avenir n'est pas encore? Quant au présent, s'il était toujours présent, s'il n'allait pas rejoindre le passé, il ne serait pas du temps, il serait l'éternité. » Saint Augustin, Les Confessions, vers 400. « Nous rencontrons d'abord ce paradoxe : le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore, quant au présent instantané, chacun sait bien qu'il n'est pas du tout, il est la limite d'une division infinie, comme le point sans dimension. » Sartre, L'Etre et le Néant, 1943. « Ce qu'on nomme le présent, c'est-à-dire l'événement en simultanéité, n'a jamais de consistance, il est pour s'évanouir, son être coïncide avec son évanescence.

Le temps est-il notre ennemi ou notre allié ?

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Définitions

  • temps : Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).
  • ennemi : Adversaire qui cherche à nuire.

Problématique

Le changement perpétuel transformant le présent en passé représente-t-il une réalité tendant à me nuire ou bien un allié m'apportant son appui pour les tâches qui m'incombent ?

La question pose le problème du sens de la condition humaine. La temporalité représente-t-elle nécessairement le malheur de la conscience ?

Plan détaillé

La question invite à examiner successivement les deux hypothèses suggérées: le temps est notre ennemi, le temps est notre allié. On étudiera, par conséquent, d'abord la temporalité concrète, notre ennemie en tant que source de dégradation et de mort, mais aussi notre alliée en tant que projet et durée concrète, servant à construire la personne. On pourra ainsi construire une synthèse en constatant que le temps, sous sa forme abstraite, est simultanément notre allié (comme forme abstraite permettant le savoir) et notre ennemi (car le temps objectif est aussi une forme pénétrée d'irréversibilité et de dégradation): c'est cette proposition qui constituera l'objet de la démonstration.
On parcourra donc le schéma de A vers B: cette marche est la plus fréquente pour traiter les sujets se rapportant à ce thème. Elle conduit, tout naturellement, à des plans de type progressif, avec, quelquefois, comme dans ce cas précis, une apparence dialectique.

Citations

« Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus. » Saint Augustin, Les Confessions, vers 400.

Le temps est « le nombre du mouvement selon l'antérieur et le postérieur ». Aristote, Physique, Ive s. av. J.-C.
« Le temps est ce qui se fait, et même ce qui fait que tout se fait. » Bergson, La Pensée et le Mouvant, 1934.

« Les dimensions du temps sont 1° le passé, la présence comme supprimée, comme n'étant pas là; 2° l'avenir, la non-présence, mais déterminée à être là; 3° le présent, en tant qu'immédiat devenir et union des deux autres. » Hegel, Propédeutique philosophique, 1840 (posth.)

« Comment donc ces deux temps, le passé et l'avenir, sont-ils, puisque le passé n'est plus et que l'avenir n'est pas encore? Quant au présent, s'il était toujours présent, s'il n'allait pas rejoindre le passé, il ne serait pas du temps, il serait l'éternité. » Saint Augustin, Les Confessions, vers 400.

« Nous rencontrons d'abord ce paradoxe : le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore, quant au présent instantané, chacun sait bien qu'il n'est pas du tout, il est la limite d'une division infinie, comme le point sans dimension. » Sartre, L'Etre et le Néant, 1943.

« Ce qu'on nomme le présent, c'est-à-dire l'événement en simultanéité, n'a jamais de consistance, il est pour s'évanouir, son être coïncide avec son évanescence. » Sartre, Cahiers pour une morale, 1983 (posth.)

« Ô Temps ! Suspends ton vol ! C'est k voeu du poète, mais qui se détruit par la contradiction, si l'on demande : "Combien de temps le Temps va-t-il suspendre son vol ? »
Alain, Éléments de philosophie, 1941.

« L'idée de temps est une intuition. Et puisqu'elle est conçue, avant route sensation, comme la condition des rapports que l'on rencontre entre les choses sensibles, elle n'est pas elle-même une intuition d'origine sensible, mais une intuition pure. » Kant, Dissertation de 1770, 1770.
Le temps, de même que l'espace, n'est pas une idée tirée de l'expérience; il est d'une certaine manière antérieur à toute expérience. En effet, je n9 peux percevoir aucun événement, aucun objet en dehors du cadre temporel ; celui-ci constitue la forme en laquelle tout objet peut être perçu. Le temps est donc la condition de notre intuition sensible, par laquelle les objets nous sont donnés dans l'expérience.

« Le temps est [...] donné a priori. En lui seul est possible toute réalité des phénomènes. Ceux-ci peuvent bien disparaître tous ensemble, mais le temps lui-même (comme condition générale de leur possibilité) ne peut être supprimé. » Kant, Critique de la raison pure, 1781. Est a priori ce qui est indépendant de toute expérience.

« Le temps n'est pas un concept discursif, ou, comme on dit, un concept général, mais une forme pure de l'intuition sensible. » Kant, Critique de la raison pure, 1781.

« Je ne suis pas dans l'espace et dans le temps, je ne pense pas l'espace et le temps; je suis à l'espace et au temps, mon corps s'applique à eux et les embrasse. » Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, 1945.

« L'étendue est la marque de ma puissance. Le temps est la marque de mon impuissance. » Lagneau, Célèbres Leçons et Fragments, 1950 (posth.)

« C'est l'homme tout entier qui est le temps incarné, un temps à deux pattes, qui va, qui vient et qui meurt : aussi l'homme n'a-t-il aucune prise sur le temps; nous ne pouvons que substituer au temps ce qui n'est pas lui, le confondre avec ces compteurs sociaux que sont les horloges et les calendriers. » Jankélévitch, Quelque part dans l'inachevé, 1978.
Nous ne pouvons penser le temps. Toutes nos pensées déjà s'inscrivent dans le temps, lequel est, selon Jankélévitch, « consubstantiel à notre pensée, à notre existence, à tous nos actes ». Quant aux horloges et aux calendriers, même s'ils disparaissaient définitivement de la surface de la terre, le temps continuerait de s'écouler sans eux.

« Le temps est un enfant qui s'amuse, il joue au trictrac. A l'enfant la royauté. » Héraclite (vie s. av. J.-C.), cité par Hippolyte.
Le temps est le maître de notre existence. S'il la veut courte, elle sera courte; s'il la veut longue, elle sera longue. Entre ses mains, nous sommes comme les pions d'un jeu auquel nous n'avons aucune part. Pour Héraclite, l'homme est soumis aux caprices du temps.



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